23 mars 2010

Lettre ouverte à M.


M.,

Le printemps s'ouvre à moi comme à personne. Le bourgeons timides encore, les oiseaux revenus de leur long voyage, alors je sens que tous les matins du monde sont devant moi. Maintenant, ici est ma seule prise.

Le ciel est bleu et je pense à toi. Suis-je toujours la petite fille amoureuse des espiègleries qui grandit, parfois surprise par elle-même, dans son corps de jeune femme? Les angoisses se font plus discrètes lorsque le soleil est clément, dès alors j'ai envie de me livrer et laisser ma peau parler. Ton amour m'apprend à me déshabiller des couches rigides de ma carapace: non, je ne retiendrai rien. Je veux tout te donner. Le nectar de ma jeunesse sur une feuille verte. De toi, il y a encore des mystères à sonder, des questions têtues à savoir abandonner. Restons sur la route. Enlace moi. Trop tôt pour se promettre l'éternité. J'apprends à regarder le Temps en face. Rien ne sert de tout réclamer, de tout retenir.

Vivons tant qu'il est temps, c'est bêtement simple, si nécessaire pourtant. Maintenant, ici: nous grandissons et cherchons le chemin de la maison. De notre maison.

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