16 mai 2010

Quelques secondes se suspendent telles les éternelles torches de l'humanité. Puis: plus rien, ou un silence cristallisé. Elle sourit...

De mes quelques années de piano, j'y ai appris une soif infinie de liberté, de frottement charnel pendu entre le oui racé et le "je ne sais pas" d'une note prochaine. Lorsque Martha Argerich libère ses sortilèges à Lugano, elle ne joue plus mais libre. Sa liberté n'est pas arrogante: elle est force et délicatesse. Elle est son volant. C'est là toute la vraie préciosité de la sensibilité. L'âme s'ouvre au monde comme une fleur attendant la rosée du matin: et de la rencontre naitra l'éclat. Toute liberté impose discipline. Sans restriction point de jouissance. Lorsque la liberté émane des touches du clavier, ce ne sont plus les froideurs et craintes d'un enfant doutant de lui-mêmes, mais la jouissance d'une âme toute entière maîtresse de son destin.

Qu'y-a-t-il après la mort? La liberté de l'âme ayant bu sans soif aucune. Etre libre, voilà le germe premier, la fleur sauvage de l'amour. Et de l'amour, il y a arrêt de comédie.

Et des moutons nous deviendrons des lions.