31 janvier 2010

Ah les Bobos!

Entre David Books et son livre Bobos in Paradise et l'apparition officielle du terme en France en juin 2000 dans le Courrier International, nous sommes aujourd'hui certains de différencier un bobo d'un nappy (la jeunesse dorée de Neuilly-Auteuil-Pereire-Passy).

Sans vouloir être gratuitement critique, je ne suis pas bobo. Je me force mais je ne suis pas bobo. Je n'ai rien contre ces gens gentils et honnêtes mais voilà, je ne suis pas eux.
La preuve:
- j'allume toujours le chauffage à fond dans toutes les pièces de mon 100 mètres carrés dans le 16ème sans aucune pensée pour l'écologie;
- je n'aime pas les objets de déco' type ethnique qui ont l'air fragile et qui font du bruit avec du vent;
- je paie mes courses à Monop' avec un billet de 500 euros, parce que je n'avais que ça dans mon portefeuille que vous vouliez le croire ou non;
- je ne pleure pas en voyant un enfant afghan orphelin à la télé ou un autre de Thaïlande travaillant 30h par jour dans les usines Nike;
- je ne mange pas indien avec les doigts car papa et maman m'ont toujours appris à être moi-même;
- je ne lave pas mes cheveux avec des shampooings à base de je-ne-sais-quoi de plantes médicinales;
- je ne bois pas de tisane à la longueur de journée car une coupe Bollinger ou un verre de Chablis me vont bien aussi;
- je ne demande pas des nectars de fruits inconnus dans un bistrot (quoi, papaye ou goyave ce sont des fruits pour vous?!)
- je ne me balade pas en vélo parce que je déteste l'idée que ma jupe puisse rester coincée dans les roues;
- je n'aime pas Emilie Simon ou autre chanteuse à un seul prénom, genre Brigitte ou Camille ni de la pop à la Charlie Winston;
- quand je pars en vacances, je regarde le nombre d'étoiles de l'hôtel, parce que le trek ou le camping sont pour de braves gens dignes d'être la descendance de Lucie;
- je ne suis pas une "fifille toute douce" appartenant à la famille des doux furets et ne cherche pas à être douce tout le temps;
- j'aime les talons hauts, voire vertigineux genre Christian Louboutin ou Alexander Wang;
- je ne m'émerveille pas devant n'importe quelle fleur ou petit dessous-de-tasse de la grand-mère;
- je n'aime pas les vêtements qui ont des noeuds de papillons et j'aime par-dessus tout m'habiller en noir chez Chloé Chen ou He Yan...

Pour finir, voici ce que Renaud en pense (je ne le cite pas tous les jours celui là):
On les appelle bourgeois bohêmes
Ou bien bobos pour les intimes
Dans les chanson d'Vincent Delerm
On les retrouve à chaque rime
Ils sont une nouvelle classe
Après les bourges et les prolos
Pas loin des beaufs, quoique plus classe
Je vais vous en dresser le tableau
Sont un peu artistes c’est déjà ça
Mais leur passion c'est leur boulot
Dans l’informatique, les médias
Sont fier d'payer beaucoup d'impôts

Les bobos, les bobos
Les bobos, les bobos

Ils vivent dans les beaux quartiers
ou en banlieue mais dans un loft
Ateliers d’artistes branchés,
Bien plus tendance que l'avenue Foch
ont des enfants bien élevés,
qui ont lu le Petit Prince à 6 ans
Qui vont dans des écoles privées
Privées de racaille, je me comprends

ils fument un joint de temps en temps,
font leurs courses dans les marchés bios
Roulent en 4x4, mais l’plus souvent,
préfèrent s’déplacer à vélo

Les bobos, les bobos
Les bobos, les bobos

Ils lisent Houellebecq ou philippe Djian,les Inrocks et Télérama,
Leur livre de chevet c’est surand
Près du catalogue Ikea.
Ils aiment les restos japonais et le cinéma coréen
passent leurs vacances au cap Ferret
La côte d'azur, franchement ça craint
Ils regardent surtout ARTE
Canal plus, c’est pour les blaireaux
Sauf pour les matchs du PSG
et d’temps en temps un p'tit porno

Les bobos, les bobos
Les bobos, les bobos

Ils écoutent sur leur chaîne hi fi
France-info toute la journée
Alain Bashung Françoise Hardy
Et forcement Gérard Manset
Ils aiment Desproges sans même savoir
que Desproges les détestait
Bedos et Jean Marie Bigard,
même s’ils ont honte de l’avouer
Ils aiment Jack Lang et Sarkozy
Mais votent toujours Ecolo
Ils adorent le Maire de Paris,
Ardisson et son pote Marco

Les bobos, les bobos
Les bobos, les bobos

La femme se fringue chez Diesel
Et l'homme a des prix chez Kenzo
Pour leur cachemire toujours nickel
Zadig & Voltaire je dis bravo
Ils fréquentent beaucoup les musées,
les galeries d'art, les vieux bistrots
boivent de la manzana glacée en écoutant Manu chao
Ma plume est un peu assassine
Pour ces gens que je n'aime pas trop
par certains côtés, j'imagine…
Que j'fais aussi partie du lot


Les bobos, les bobos
Les bobos, les bobos

Les grands chevals

Rien n’est jamais assez beau
Regarde ces vautours qui parlent au bord de l’eau
Regarde là-bas, on s’approche des grands chevals
Tu peux manger dans leurs mains
Si ca te chante feindre de ni comprendre rien
Et garder l’œil ouvert le pauvre monde en cavale
Entre nous passeras le soleil
Quelque chose de vague ou d’éternel
Vite avant qu’on se désagrège
Fuyons l’infini décimale, décimale, décimale
Rien n’est jamais assez faux
Regarde ces vautours qui parlent au bord de l’eau
Regarde là-bas, on s’approche des grands chevals
Tu peux manger dans leurs mains
Si ca te chante feindre de ni comprendre rien
Et garder l’œil ouvert le pauvre monde en cavale
Entre nous passeras le soleil
Quelque chose de vague ou d’éphémère
Vite avant qu’on se désespère
Fuyons l’infini décimale, décimale, décimale

A boy who called me Lou





En regardant les photographies de Bunny Yeager, je me suis dit que la nudité et la liberté avaient quelques points joliment communs. Comme un morceau de soie libre qui n'a peur de se donner. C'est donc ça, la vraie liberté: le moment où on se dit, "finalement, ai-je quelque chose à perdre? Non, let's go!".
J'ai longtemps pensé qu'il est bon de tout maîtriser, de conduire les principes que mes parents ont tenté de m'inculquer. Et puis, on grandit. On a envie d'être ce morceau de soie blanche, qui vole vers des territoires inconnues. Au fond de l'inconnu pour y trouver du nouveau.
Merci Bunny de m'avoir surprise à repenser ma liberté, celle d'être une non captive.

29 janvier 2010

Le vrai luxe

En période de soldes et de shopping effrénés, nous voulons toutes trouver un petit trésor, genre mythique. Le mien fut gastronomique et c'est grâce à mon homme.

Il y a quelques jours de cela et avant que je commence mon nouveau travail à Paris donc, je retrouve Manuel pour un déjeuner près de son bureau, dans le 9ème. En principe, le 9ème me direz-vous, est bien fourni en "nourriture saine" avec tous les sushis et autres crudités.
Seulement, moi, les rouleaux poissons et soupes miso, je n'en peux plus! Je n'ai rien contre la cuisine des habitants du Soleil levant, mais mon estomac peut s'ennuyer à force de devenir un mixeur océanique, ce serait Calais en plein Paris!
Mon dindon a donc eu un coup de génie: m'emmener dans un bistrot auvergnat. Ouïe, j'ai peur et vous me comprenez. Quand les filles aiment la mode comme vous et moi, on a toujours un oeil attentif sur la balance et le nombre de kilos à perdre avant la réapparition du soleil. Mais voilà, j'ai été surprise par les auvergnats, encore une fois, oui.
Vraie institution du quartier, le Petit Vendôme (8, rue des Capucines) est chaleureux et bondé de mâles! Dès que j'y ai mis les pieds, j'ai cru entrer dans les vestiaires sortant d'un match de foot avec les hommes habillés costards cravates. Ici, il n'y a que des hommes, sauf la serveuse très très speed et la patronne, Patricia, invisible tellement elle passe son temps à prendre la commande.
Ici, pas de surgelés, pas de frime, que de la chaleur, humaine et gastronomique. Les cadres sup' du quartier y viennent donc pour prendre un bon cassoulet ou un confit de canard(ce que mon dindon a pris...) et boire un petit coup de rouge avant d'attaquer les fameuses "sales meeting" de 14h, comme mon dindon aussi... Moi, toujours soucieuse de ma ligne, je me suis contentée de prendre une salade auvergnate, en bavant sur la grosse cuicuisse du canard de mon dindon. Ah les filles qui aiment la mode... Fashion is not funny.

Même si nous étions à deux pas de la place Vendôme et que la Fashion week oblige les parisiennes à voir défiler tonnes de "mannequins sauterelles", je me posais la question: et si le vrai luxe, outre Kelly ou Kate, était la ré-création des saveurs essentielles? Non, on est d'accord, la mode avec le confit, c'est mieux!

27 janvier 2010

Avoir et devenir?


"Prendre un coup de vieux" comme diraient les jeunes qui ne vieillissent jamais, c'est toujours prendre un coup de massue dont on se remet des jours et des jours après. En plus, comme je suis née en plein hiver, ça rend - ma foi - le spleen encore plus noir, plus "no exit". C'est vrai quoi: comparer à ceux qui sont nés en été ou au printemps, la saison de ma venue au monde est loin d'être la symphonie favorite de Vivaldi. Etre née plein hiver, c'est un peu allier le feu et la glace, pas étonnant que je sois fascinée très jeune par l'Islande. Que voulez-vous: même les plus téméraires "accoucheuses de vie" (je ne taris jamais d'éloges sur ma sainte maman) doivent doubler leurs efforts chevaleresques pour achever la gestation du mammifère, pour donner naissance à une pintade. C'est schacalatchka.

Il y a donc X années (je tais mon âge par pur égo: ça a des effets anti-rides puis, des effets de LSD), ma sainte mère a mis au monde une petite boule de chair, un 22 Janvier. En plein hiver, vous l'avez compris. Temps sec et froid. Paysages enneigés. Grand soleil. Vous vous dites, avec ces indications paysagistes, que je suis née en Sibérie orientale? Non, je suis née à Wuhan, et ne me dites pas que vous auriez pu le deviner! Bon, ce n'est qu'une petite ville chinoise de 8 millions d'habitants au sud du fleuve Jaune, on passera par là la prochaine fois. Entre scolarité chinoise sélective et "parcours républicain" (comprendre "classe prépa puis Sciences Po Po"), la pintade a bien grandi. Elle mesure maintenant 1m73 et pèse environ 50 kilos. Mon LMC avoisine celle de Kate Moss. Grosse muse en perspective donc.

A l'âge de 10 ans, j'arrive en France, à Metz précisément. 7 déménagements en 6 ans. Je passe mon adolescence à rêver, à écrire, à être ermite avec mes tomates cerises (comprendre "boutons d'acné tenace"). Je refusais de parler aux gens (tu m'étonnes avec mes boutons...) et croyais à l'existence des licornes et lutins des bois (pour me sauver des boutons?). Puis, en changeant de marque de nettoyant de peau entre autres (de Biactol à Sisley, en passant par Bobbie Brown ou YSL), j'ai compris définitivement que je vieillis, que l'enfance est bel et bien terminée, que les licornes s'éloignaient de moi, qu'il est temps de prendre ses responsabilités et de grandir un peu. Aujourd'hui, je rêve donc moins et travaille plus. Je passe plus de temps à lire les Echos qu'à lire les histoires des deux filles de Cottingley.

Est-ce un bien ou un mal? Je l'ignore. Comme dirait mon "joli-papa" (mon beau-père au fait, vous l'aviez compris), "les choses ne s'apprécient qu'avec du temps". Donc patience, pintade. Avoir un an de plus, c'est dur. On n'y peut rien contre la gravité. Sacré Newton, qui a filé la dépression à pas mal de femmes avec sa petite pomme tombant de l'arbre. Avoir un an de plus et donc on a envie d'être chiante ce jour là, car on a envie de magie, de miracle. Un an de plus et on ne pense plus que Disneyland est l'endroit le plus heureux de la planète. On se réveille, "open your eyes" comme dirait le prologue de Vanilla Sky. Mais d'un autre côté, je me dis que je suis mieux dans mes pompes aujourd'hui qu'avant. A 18 ans, je m'exaltais, genre "rock and sleepless". Aujourd'hui, je suis plus sereine, plus posée, genre "rock and...rock" . Et si gagner en âge était synonyme de bonheur? Et si au fond, le vrai sens de l'enfance était celui qui nous rendrait plus humain, plus courageux, malgré l'avancement de l'horloge? Et si vieillir, tout compte fait, c'est plus devenir qu'avoir?

3 janvier 2010

Paris, mon amour


Paris, je t'aime.

Rien ne peut dépasser ni atteindre Paris, ni les guerres ni les échecs. Elle regarde le monde et le monde la voit comme une étoile parmi les comètes filants. Paris est une grande dame scintillante. Paris est un rêve que les parisiens semblent oublier...

Rien ne vaut plus qu'un croissant chaud partagé avec l'amoureux sous les nuages gris après une longue marche dans les brumes printanières. La plus belle avenue de paris est un cours d'eau, on l'appelle la Seine. Au bord de la Seine, les scènes multiples de vies sont abritées, déchirées ou revécues. Nous arrivons à Paris pour retrouver un échos d'enfance, une réponse oubliée ou une confirmation romantique.

Paris vit en chacun de nous. Elle nous enveloppe de ses rêves grandioses ou de ses réelles magies. Paris respire et nous sommes dépendants de sa température. A chaque pas, nous nous émerveillons des émotions laissées au bord des quais ou dans la bouche d'un métro. Il y a toujours quelque chose de parisien dans l'air. Nous nous découvrons à Paris et cette ville, elle, nous regarde grandir. Nous apprenons à vivre sereins dans les bras de Paris.

Paris, nous vous aimons.