Les fêlures, les tremblements, la gentillesse vraie... La virilité, c'est avant tout assumer ses fragilités et être vrai. Elle n'est point spectacle et n'est jamais dans la force. Elle est douce, subtile, forte, indicible. Elle est évolutive, comme l'effluve d'un parfum que l'on peine à garder en secret.
Les mains d'homme parlent: tantôt douces tantôt protectrices, elles disent les promesses d'un couple à bâtir, d'un enfant à bercer ou d'un combat à mener. Les mains viriles savent prendre les jolies choses avec délicatesse mais contiennent la force d'un soldat, qui brandit le drapeau de sa libération. Les mains viriles savent donner et recevoir. Donnez lui de la boue et il en fera de l'or: les mains d'homme sont créatrices, ne détruisent point la beauté et gardent en sa mémoire les oeuvres passées comme des trésors inestimables. Puis, il y a l'aura, inexplicable, odorante, presque animale. La manière d'occuper l'espace, la grâce d'un coprs à mouvoir dans les rues et la délicatesse des articulations à se savoir libres. Le corps d'un homme parle: il invente le langage de sa propre condition. Je dis son nom et voilà qu'il court vers moi pour poser ses lèvres sur mon front. Il sera toujours l'abri, la plage, le phare. Une lumière toujours attendue dans les ombres. L'esprit habitant le corps et le corps enveloppé de volupté: voilà la virilité vraie. Je pense à Brett Anderson et à son envoûtement sur mon être depuis tant d'années.
Les mystères ne sont pas les questions qui restent sans réponses, mais les questions dont on aime à inventer les réponses jour après jour. La virilité, tout comme l'amour, se doit être résolument moderne et volontaire. C'est une question d'identité, de frottement sensuel, de création.
20 avril 2010
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