23 février 2010

Be a Lady


Je n'ai pas changé: malgré le cortège des secondes quotidiennes rythmé "boulot-métro-dodo" et les übersexuels qui m'entourent au travail, je suis toujours capable de dérouler ma petite larme devant un bon film sentimental, lovée dans le cercle parfait des bras de mon homme. Hier soir, ARTE, en chaîne européenne responsable de l'harmonie psychique individuelle, projette donc le film d'Ang Lee, "Raisons et Sentiments". C'est toujours un plaisir pour moi de regarder un réalisateur chinois évoluer avec des classique occidentaux cités comme des références en la matière: l'exercice inter-culturelle n'est pas facile et notre Ang Lee national s'en sort très bien.

L'histoire de ce couple de soeurs Marianne/Elinor est somme toute assez banale: la première aime et souffre toujours avec ostentation et s'insurge contre toute forme de relation amoureuse dénuée de passion et de transport. La deuxième, l'aînée, Elinor (jouée par une Emma Thomson lumineuse) est tout aussi sensible mais dissimule ses émotions sous le poids de la réserve que lui a conféré son éducation et sa nature discrète. Ces deux soeurs aux caractères fort différents vont tantôt être l'élève de la raison, tantôt celui des sentiments. Elles sont parfois aidées du destin, il y aura parfois des larmes.

J'ai toujours été sensible aux concepts tels que "temps", "choix" (le choix est d'ailleurs l'acte au monde qui ressemble le plus au suicide) ou encore du fameux "effet papillon" (comprendre les conséquences imprévisibles de nos actes et paroles). Ce qui me fascine, ce sont les gens et le tissage si délicat des liens humains. Je n'aime pas les facilités, les choses toutes faites. Ce que j'aime, c'est découvrir les failles, les nuances, les amortisseurs. Nous sommes toutes enclines à nous poser des questions graves. Mais au fond, sommes-nous aussi courageuses que nous le prétendons? Et si nous le sommes, le destin peut-il être compatissant et nous donner un petit coup de pouce?

L'amour n'est pas une fatalité aux éclats trompeurs. Mais ce qui est malheureux, ce n'est pas tant le manque de chance que le manque de courage qui émane de certains esprits. J'admire ceux qui possèdent cette détermination à vouloir le mieux à la place du bien. Pour ma part, je crois fortement que, si les destins entrelacés sont au-delà de notre compréhension, le fait d'encourager un amour naissant, de lui donner ses chances de s'épanouir, tient de notre volonté et de la nôtre seule. L'amour est une probabilité, ce que nous en faisons après le point de rencontre, c'est de notre ressort. Nul ne peut se charger d'écrire les pages de votre vie à la place de votre propre plume.

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