Jamais je ne m'habitue au printemps: chaque année, au moment tant attendu de la saison, le même subtil tremblement délicieux saisit ma nuque. Je comprends que l'éveil est en cours. Ce qui a été ne le sera plus, ce qui est sera mieux. Tout est neuf comme par magie.
Quelque chose a changé. Une palpitation infiniment douce et pourtant vigoureuse se pose alors sur ma corde sensible. J'ai envie d'apprendre à respirer à nouveau, de boire sans soif, de vivre sans attendre. Je suis née.
C'est donc cela le printemps: primus tempus, le début de la ronde, la fin de la marche. Départ rhizomique et prometteur. Je ne saurai cache ma niaise jubilation face à la nature qui s'étire sensuellement sous mes yeux.
Maia, Baba Dochia, Ostara: tant de divinités pour célébrer l'impatience du bourgeon. Je suis émue: ce qui est beau, c'est le renouvellement sans cesse innocent de notre fol espoir, qui naît, qui roule, qui frémit et qui tend vers la meilleure des Terres.
22 mars 2010
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