27 décembre 2009

L'idole des jeunes retiendra nos nuits


Pour ceux qui lisent Voici ou Gala, vous êtes certainement au courant de l'état de santé du Johnny national français. Il y a des rumeurs du médecin contre un autre, des procès, toujours le médecin en question, et des larmes de Laetitia. Heureusement, depuis quelques jours, Johnny semble aller mieux et a passé un bon Noël en famille, avec Jade et Laetitia. Quoi? je lis Gala? Non, non, maman, je te jure, je ne lis que Sartre et Nietzsche! Trêve de plaisanterie.
Johnny, pour moi, c'est comme un monument français à lui seul, plus vivant que la place Vendôme, plus croyant que la basilique Notre Dame et plus rock and roll que les cafés Dragon Noir du Marais. C'est un peu comme la madone Deneuve, qui symbolise à elle seule l'élégance si parisienne de la rive droite. Oui, il y a aussi l'élégance parisienne de la rive gauche, genre Inès de la Fressange ou celle de Jane Birkin et les murs et coins de Saint Germain. Mais argumenter sur les parisiennes et leur style est un exercice long et gymnastique auquel je me prêterai une fois prochaine. Mais disons pour faire court que la rive droite c'est le chic bourgeois et la rive gauche c'est le bourgeois chic. Vous me suivez? Bon, revenons à Johnny.

Donc Johnny, alias Jean Philippe Smet, est un monsieur qui a traversé les époques, a connu de jolies dames élégantes et a travaillé avec les grands noms comme Jimi Hendrix (!!!). C'est un autre Serge national, plus blond mais tout aussi torturé. Johnny, c'est aussi quelques chansons que l'on ne chante plus, que l'on ne se souvient plus, comme cette belle chanson "Retiens la nuit" qu'il chante dans le film "Les Parisiennes", de Michel Boisrond en 1961:

Retiens la nuit
Pour nous deux jusqu'à la fin du monde
Retiens la nuit
Pour nos cœurs dans sa course vagabonde
Serre-moi fort contre ton corps
Il faut qu'à l'heure des folies
Le grand amour raye le jour
Et nous fasse oublier la vie.
Retiens la nuit
Avec toi, elle parait si belle
Retiens la nuit
Mon amour, qu'elle devienne éternelle
Pour le bonheur de nos deux cœurs
Arrête le temps et les heures
Je t'en supplie
A l'infini
Retiens la nuit
Ne me demande pas d'où me vient ma tristesse
Ne me demande pas, tu ne comprendrais pas
En découvrant l'amour je frôle la détresse
En croyant au bonheur, la peur entre en mes joies.
Je t'en supplie
A l'infini
Retiens la nuit.

C'est beau hein? C'est comme ça: en 2009, Johnny a fait la dernière journée de sa longue carrière. Chapeau bas. D'un autre côté, comme toutes les choses vivantes qui vieillissent et qui subissent la loi de la gravité, Johnny, grand lion, obéit lui aussi à la loi que magnifie le poème de Pierre de Ronsard sur le temps qui passe.
Je ne suis pas une auditrice assidue de Johnny car je préfère les rockeurs anglais. Mais je dois avouer que certaines chansons de Johnny, notamment "Laura" que le chanteur a écrit pour sa fille avec Nathalie Baye et qu'il a chanté devant une foule trempant de sueur à Bercy en 1987, me touche beaucoup. C'est un hommage poignant d'un père à sa fille.
C'est comme ça: les choses passent et devant le temps, tout le monde connait le même procès. Et lorsque l'alarme rappelle que rien n'est éternel, on se souvient alors que quelque chose semble pérenne cependant: l'émotion de quelques belles chansons, la longévité d'une carrière, la consistance de certaines émotions qui est toujours enfouie en nous et qui ne demande qu'à être réécoutée.

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