
La fin de l'année est toujours particulière, on hésite entre rire et pleurer, on devient parfois insupportable. Allez, on se lance pour une ultime remise en question. Pour les courageux, c'est le moment de revenir sur les erreurs commises et tenter de se convaincre que l'on fera mieux l'année prochaine. Pour le sentimental, c'est le moment de déclarer enfin sa flamme à la personne si longuement aimée en secret et d'espérer accomplir des projets partagés. Pour l'abeille travailleuse, c'est le moment de faire le dernier bilan des agendas et de planifier les prochaines réunions.
Et pour la pintade que je suis, quelles sont mes dernières réflexions 2009?
Cet après-midi, en sage fille à sa maman, j'ai regardé en compagnie de ma famille, le dernier volet de la trilogie "Le Seigneur des Anneaux". C'est bon de temps à temps de regarder une bonne et grosse production américaine, même chose pour un bifteck, si si.
"Le retour du Roi" raconte le retour d'Aragorn (le roi, vous l'avez compris), interprété par le magnétique Viggo Mortensen. C'est le récit du bouquet final, de la bataille entre le Bien et le Mal, entre l'amitié et la trahison, entre l'amour et la vengeance. C'est assez moraliste et ce n'est pas une honte de pleurer devant de bons sentiments pleins de sens. Evidemment, je n'ai pas pu résister à l'appel du Bien, j'ai fondu en larmes. Pas à cause de l'histoire d'amour ou d'amitié: mais parce que les quelques dernières scènes du film ont su mettre l'accent sur la préciosité et l'aspect minuscule d'une vie terrestre. C'est une sorte de Micromégas contemporain sauf que c'est moi qui en prend plein la tête. Lorsque Frodon, le petit hobbit héroïque, dit:" comment continuer à vivre lorsque l'on a compris qu'il n'y a plus de retour en arrière possible?", je pense tout naturellement à la vieillesse, aux erreurs que nous tous avons un jour commises, aux regrets qui nous ont rongés et que nous cherchons à taire, et aux amertumes qui nous perturbent et que nous tentons d'oublier. Oui: que faire lorsque le temps n'est plus le même, lorsque nous perdons confiance ou tout simplement lorsque nous nous refusons la dure réalité d'évoluer?
C'est là qu'un autre hobbit, Sam le compagnon de route de Frodon, trouve la solution: Sam a compris qu'être héroïque n'est pas forcément faire la guerre ou combattre les méchants. Il est vrai aussi que les gens comme vous et moi ne font pas la guerre entre métro/dodo/boulot, sinon de temps à temps la guerre des roses... Le vrai héroïsme est celui de coeur, qui se porte sur les actions anodines de nos journées: être à l'écoute d'un enfant, garder son sang froid et sa patience face à une question d'une nouvelle collègue, savoir aimer et couvrir d'attentions la personne que l'on aime. Oui, je suis du même avis que ce Sam: l'ennemi n'est pas celui que l'on croit, la guerre, on doit la faire à notre paresse et indulgence. Nous sommes notre pire ennemi donc, car nous nous pardons trop facilement, nous nous promettons une chose et en faisons une autre. Mais dindons et pintades, combien de temps nous reste-t-il avant que nous comprenons que rien, rien de rien, ne sera vécu une seconde fois et que bien faire les choses dans le présent est notre seule prise avec la réalité?



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